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La Systémique Sociale

jeudi 16 mai 2019 par Cornet Laura

L’ouvrage dont il est question dans cet article, « La systémique sociale » de Jean-Paul LUGAN (Ed. PUF) est une synthèse du développement de la systémique depuis son apparition dans les mathématiques au 19ème siècle en passant par différentes branches scientifiques jusqu’à nos jours avec les théories d’Edgar MORIN ou Talcott PARSONS.

Il nous a semblé intéressant de relever plusieurs éléments que nous pensons fondamentaux au début du processus d’intégration du modèle systémique dans notre pratique professionnelle.
Ce dont nous avons pris conscience est tout d’abord la transversalité de ce modèle qui, plus ou moins, peut s’appliquer à un grand nombre de domaines tant sociétaux que scientifiques et, évidemment, des sciences humaines.
Les systèmes, qu’ils soient aussi fondamentaux qu’une molécule ou aussi complexes que les sociétés animales (fourmis, araignées,...) ou humaines, répondent tous aux mêmes principes de base.
Ces principes sont maintenant connus de la plupart :

  • Les interactions sont indispensables à toute relation
  • Tout ensemble tend vers l’équilibre et la notion d’Entropie relevée par E. MORIN peut expliquer pourquoi  entropie augmente = homogénéité/équilibre augmente. Ainsi, un système sera d’autant plus difficile à modifier, quel qu’il soit, et sans se préoccuper du degré de relation entre les éléments du système.

Les systèmes :
o Sont organisés en fonction d’un but précis (J. de Rosnay).
o Unité globale organisée d’interrelations entre des éléments, actions ou individus (E. Morin)
o Les relations sont de nature dynamique. Le dynamisme au sein des systèmes est renforcé par la notion de fonction. C’est un mode d’ajustement dans des rapports toujours fluctuants entre les modèles institutionnalisés de la structure et les variations des systèmes extérieurs.
o Adoptent leurs propres règles basées sur l’environnement, le contexte et le feed-back que les éléments de base du système en reçoivent.
o L’équilibre du système est donc induit par ce feed-back toujours dans le but de répondre à l’objectif qu’il tend à atteindre.

La différence entre les systèmes humains et les autres est que l’Homme fait preuve d’une créativité qui lui permet de développer, de manière consciente à l’inverse des autres animaux, des systèmes parfois extrêmement complexes composés de sous-systèmes à l’intérieur desquels évoluent des sujets qui influencent et sont influencés par le système lui-même.
Chaque sujet (au sens philosophique du terme) interagit avec d’autres sujets avec qui il crée un lien répondant ainsi à différents besoins.
L’être humain agit consciemment ou non, individuellement ou collectivement, sur quatre plans bien distincts. Chacun de ces plans est étudié par une branche spécifique des sciences humaines : biologique, psychique, social et culturel.

Selon Talcott PARSONS, ces « plans » sont des sous-systèmes qui vont réagir différemment en fonction des acteurs du système, de leurs relations et de l’objectif qu’ils se sont fixés.
« Les sous-systèmes sont dans des relations de type cybernétiques. Dans cette hiérarchie, le système le plus riche en information se situera en haut de l’échelle et le plus riche en énergie, en bas de l’échelle. Le système le plus élevé exercera un contrôle sur les systèmes inférieurs par les infos qu’il leur fournit. »
Les systèmes et, par corrélation, les sous-systèmes se régulent et s’équilibrent grâce aux feed-back d’informations reçus lors des échanges avec les autres systèmes, sous-systèmes et les éléments qui les composent.

L’analyse de T. PARSONS, quant à elle met l’accent sur l’équilibre, la maintenance d’un système social… Une première hypothèse difficilement compatible avec une analyse qui placerait l’accent sur les éléments suivants : dynamiques et de changement à l’intérieur des systèmes sociaux.
Dans cette analyse, on distingue 4 cas fondamentaux :
a) Le système est capable de conclure une sorte d’arrangement avec les exigences imposées par un environnement ou une mutation ;
b) Le système ne parvient pas à trouver un arrangement avec ces changements environnementaux et donc, les rapports entre sous-systèmes deviennent impossibles.
c) Le système est incapable de réagir aux changements d’origine exogène et il subit une dissolution pure et simple en tant qu’ensemble des limites déterminées.
d) Le système va devoir supporter la consolidation d’une malformation conduisant à l’établissement des structures secondaires, à caractère « pathologique » (Ex : marginaux, délinquants,…)

Du point de vue d’Edgar MORIN, les éléments qui composent les systèmes sont organisés et leurs interactions permettent, notion essentielle à nos yeux, l’émergence d’un système qui formera un tout que sera « plus que la somme de ses parties » s’il produit un caractère nouveau par rapport aux éléments considérés isolément ; « moins que la somme de ses parties » si, suite aux restrictions ou contraintes exercées par le système sur les éléments, le bilan entre les gains en émergence et les pertes en contraintes est négatif ; et « la partie est plus que la partie » lorsque l’émergence apparaît non seulement au niveau global mais éventuellement au niveau des composants.

Tout système est donc un et multiple. Ses constituants sont semblables et distincts. L’un des caractères fondamentaux du système est de transformer de la diversité en unité, sans annuler la diversité et aussi de créer de la diversité dans et par l’unité. L’équilibre entre la répétition des actions et la diversité (créativité) est un point essentiel car « un ordre répétitif » étouffe les possibilités de diversités internes et le système sera pauvrement organisé et faible en capacité d’émergence. Si par contre la diversité est trop prégnante, le risque est de faire éclater l’organisation et de voir le système se disperser.

Dans cet exercice périlleux que constitue l’exégèse d’un ouvrage aussi synthétique et raccourci qu’est le livre de J-P LUGAN, nous avons voulu vous rendre compte de manière exhaustive bien qu’incomplète les éléments qui nous ont paru important pour débuter une discussion autour des sujets qui nous concerne en tant que novices dans l’exercice de l’analyse systémique.
Notre fonction est donc maintenant de dynamiser la compréhension que nous pouvons avoir des notions que nous avons abordées dans cet article en vous invitant à en discuter ensemble lors de notre prochaine rencontre.

Cet article fut écrit par MISSOTTEN D., VOITURON A., BAILY M. et CORNET L.


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