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Caillé : Le symbolique dans le quotidien. Son importance en thérapie comme ailleurs

lundi 22 mai 2006 par CAILLE Philippe

 LE SYMBOLIQUE DANS LE QUOTIDIEN SON IMPORTANCE EN THERAPIE COMME AILLEURS

Philippe Caillé

La nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Charles Baudelaire : Les fleurs du mal

Summary : Symbolics in every day life- their importance in therapy as anywhere else. Any stable human relation is based on a specific symbolic content that cannot be expressed verbally. A logical discussion of the presented problem will usually come to a deadlock. Essential will therefore be to be able to reveal this symbolic content in the sessions through the use of non conventional methods of interview.

Mots-clés : problèmes relationnels - référent symbolique - sculpturations - objets flottants

Key words : relational problems - symbolic referent - sculpting - floating objects

 POINT DE DEPART

Les avancées dans la neurophysiologie qui ont eu lieu ces dernières années, et en particulier les travaux d’Antonio Damasio (1994), confirment ce qui était jusque là une intuition clinique : nous pensons en symboles avant de penser en paroles. Le jeune enfant construira sa propre notion du calme en associant la chaleur de sa joue au contact du sein tiède de sa mère, celle d’angoisse en associant le raidissement de ses muscles à la saisie brutale de son corps et à un certain visage menaçant. Il construit ainsi peu à peu en lui au fil de ses expériences de passionnants « récits sans paroles ». Ces « récits » qui s’étoffent au cours du temps, bien avant que le langage apparaisse, sont à la base des attentes ou des craintes que nous pouvons déceler dans les comportements du petit enfant.

Ce n’est que plus tard, avec l’apprentissage du langage, que ces vécus, du moins certains d’entre eux, trouveront moyen de se dire. Ils s’habilleront de la parole qui les transformera. D’autres demeureront dans le registre du symbolique. A la logique symbolique s’ajoutera la logique rationnelle.

Avec la parole, l’expérience deviendra plus partageable. Les vécus pourront se comparer et des standards s’établir. Pour ce faire, il sera probablement nécessaire dans le discours de s’écarter un peu de l’originalité et du caractère immédiat et incontestable des expériences premières pour en faire un récit comparable à ceux des autres.

Chez l’adulte, les deux logiques continueront à exister côte et côte et à s’influencer réciproquement. La logique symbolique est surtout liée à la perception de signaux traits physiques. Elle a un rapport direct avec les sensations corporelles et la motricité. Celle des signes abstraits, donc celle des mots parlés ou écrits, fait plutôt appel au raisonnement et aux comparaisons rationnelles. La compréhension du symbole est essentiellement intuitive et immédiate. On adhère au symbole ou on le rejette. La logique du discours convainc par sa cohérence et sa résistance aux arguments contraires.

Pourtant, si dans la vie de l’individu, la logique des symboles précède inévitablement l’établissement de la logique des signes abstraits, cela ne veut nullement dire que cette logique soit plus primitive et moins adaptée que le logique du signe. Cela ne signifie pas non plus qu’elle soit plus authentique. Nous pensons plutôt que la perception symbolique du monde joue, sans que nous en soyons entièrement conscients, un rôle essentiel dans notre vécu aussi bien avant qu’après l’apprentissage du langage.

Dans le quotidien, logique du symbole et logique du discours coexistent et s’influencent l’une l’autre sans pourtant se mélanger. On peut ainsi percevoir la logique symbolique à l’œuvre à l’intérieur d’un système abstrait de signes. Il est facile de s’en convaincre à la lecture de poèmes ou de contes. La citation de Baudelaire en tête de cet article nous semble en être un beau témoignage.
Inversement les symboles qui ont influencé ou influencent encore des groupes plus ou moins nombreux au sein d’une société restent l’objet de réflexions et d’évaluations que ce soit les jeûnes du mahatma Gandhi ou le poing fermé des Panthères Noires. Mystérieuses restent l’apparition et la disparition de ces symboles ? Certains d’entre eux gardent longtemps une force de conviction consensuelle, d’autres sont en déshérence et n’ont qu’un intérêt historique. De symboles qui ont guidé la conduite de nombreux individus sont complètement passés dans l’oubli.

 MAIS COMMENT RECONNAITRE UN SYMBOLE ?

Il semble important de bien cerner ce terme complexe souvent employé de façon aussi approximative qu’abusive. Nous suivrons pour ce faire la méthode proposée par Jean Lassègue (2005), chercheur au CNRS, en prenant départ dans l’étymologie, c’est-à-dire du mot grec « symbolon » dont il dérive.

Selon cet auteur, la définition du « symbolon » est : « Morceau de terre cuite partagé en deux et dont chaque morceau était conservé par deux familles alliées vivant dans des lieux séparés. Quand un membre d’une famille désirait être reconnu par l’autre, il lui était possible d’exhiber le morceau de « symbolon » de sa famille et, le recollant à l’autre, démontrer ainsi qu’il appartenait bien à la famille alliée. Le « symbolon » se transmettait à travers les générations garantissant la réalité de l’alliance. »

De cette base historique, on peut retenir 5 caractéristiques du symbole, caractéristiques importantes, mais qui sont loin de toujours être présentes dans ce qui reçoit communément le nom de symbole.

1. Le symbole, en tant que signifié, donc chose exprimée, a un rapport analogique fort avec le signifiant, c’est-à-dire son support physique.

Ce support physique est donc, du fait de sa nature même, évocateur de sens. On n’a pas ici l’arbitraire du signe linguistique. L’ajustement parfait des deux parties de l’assiette brisée évoque la cohésion de deux familles sans besoin d’un interprète ou d’un dictionnaire.

2. Le signifiant du symbole est le résultat d’une composition, l’association de traits saillants de plusieurs éléments physiques.

Dans notre exemple, les morceaux de la poterie sont de la même provenance, ils ont une ressemblance physique bien que leurs formes soit différentes, d’où l’impulsion de les mettre en contact l’un avec l’autre.

3. Tout objet peut entrer dans la composition d’un signifiant symbolique à partir de traits saillants dont il est impossible d’établir une liste. En effet, tout trait saillant peut être utilisé. L’objet neige peut signifier froid, douceur, pureté, silence et multiples autres choses.

4. Le rapport entre le signifiant symbolique et ce qu’il représente est important et fort.

Il y a un rapport non arbitraire, logique, compréhensible par tous, entre les deux fragments complémentaires de l’assiette brisée et les deux parties séparées de la même famille, l’emboîtement possible des deux parties signifiant le maintien et l’acceptation de l’appartenance.

5. Pourtant, antithèse paradoxale du point précédent, le symbole résistera à l’interprétation dogmatique et gardera un caractère d’énigme. Le choix du symbole ne va jamais de soi et garde un sens caché.

Pourquoi une assiette de terre cuite et pas un autre objet ?

Pourquoi cette dimension des morceaux ?

Quelle importance a cet objet dans le quotidien des deux familles ?

On a ici un aspect essentiel du symbole ayant une mission actuelle pour un certain nombre d’individus, donc du symbole « vivant ». Il résiste à la pure interprétation verbale et authentifie ce groupe par rapport au reste de la société. Il a donc au moins partiellement caractère de secret.

Retenons comme fondamentales trois des caractéristiques du symbole. Son caractère essentiellement analogique, non verbal. Le fait qu’il résulte de la mise en relation de plusieurs éléments sans qu’aucun d’eux soit isolément déterminant pour le sens du symbole. Le fait enfin que le contenu réel du lien symbolique puisse devenir intelligible à un observateur, mais que sa compréhension réelle reste réservée à ceux qui l’ont créé pour servir leurs besoins. C’est donc en définitive à eux qu’incombe la responsabilité de décider de son destin.

  TOUTE RELATION HUMAINE STABLE POSSEDE UN REFERENT SYMBOLIQUE

Nécessité du référent symbolique

La relation humaine stable repose sur la revendication partagée d’un récit, d’une histoire qui s’inscrit dans une perspective de temps. Elle se différencie ainsi d’un rapport de marché.

Ce récit doit être important, crédible pour les intéressés. Il explique pourquoi cette relation là devait s’instaurer et se poursuivre au delà des avantages immédiats de la rencontre.
En effet, dans une relation de marché, ce qui compte est l’échange équitable de services ou de biens. Pour chacun des participants, les interlocuteurs sont interchangeables pourvu que l’échange reste équitable. On ne change pas de commerce lors d’un changement de propriétaire si le remplaçant donne aussi bon service que son prédécesseur.

La relation humaine que l’on dira stable a une fonction qui va bien au-delà du troc de services, elle est fondatrice de notre identité, depuis la relation primordiale que nous avons eu avec nos parents à toutes celles importantes pour nous qui y feront suite, celle que nous aurons avec nos pairs, celles liées à la sexualité dont la relation de couple, celle que nous aurons avec nos enfants. Nous existons en nous racontant à nous même et ce récit que nous nous faisons ne peut exister sans qu’il ne puise constamment dans les récits, plus ou moins nombreux, qui nous relient ou nous ont relié aux autres (Caillé, 2001).

On comprend bien que dans ce contexte, le terme de récit ne doit pas être pris littéralement, mais comme une métaphore. Il s’agit d’expériences communes avec leurs charges émotives et sensorielles qui ne sauraient avoir une traduction adéquate en mots. Au contraire, quand nous tentons de figer ces expériences avec des mots, nous sentons nous en éloigner et les déformer. Il s’agit donc d’un « récit » dont une grande partie immergée appartient au symbolique et dont la saisie par les mots est toute fragmentaire. Nous continuerons cependant, à défaut de mieux, à employer le mot « récit » dans un sens très étendu qui dépasse largement le domaine du langage.

Ce récit donc auquel nous adhérons impose pour nous certaines conduites et induit certaines opinions. Il comporte, comme une religion en miniature, des rituels et des croyances. Pour un couple, regarder ou ne pas regarder ensemble un certain programme de télévision peut signifier amour ou désamour. Ce que nous faisons valide ce que nous croyons, et ce que nous croyons impose d’agir comme nous le faisons, le tout constituant une structure autoréférentielle autonome.

Contrairement à la relation de marché, le récit d’une relation stable reste pour l’essentiel au niveau symbolique tant qu’elle se poursuit. Ce récit comporte de nombreuses attentes, mais pas de règles explicites pour les satisfaire. Il est un secret partagé, mais secret susceptible d’évolution et de transformation.

Ce récit, que nous pouvons appeler le référent symbolique du système, fonctionne au quotidien comme un interlocuteur invisible avec lequel tous les membres du système sont, sans s’en rendre vraiment compte, en dialogue. Nous l’avons ailleurs appelé le « plus un du système » ou « l’absolu du système » puisqu’il en est, au moment de notre observation, la base identitaire incontournable. Privé de référent symbolique, le système cesse d’exister.

Autonomie du référent symbolique

Dans une relation bénéfique pour l’individu, le référent symbolique garde une certaine autonomie au sein du système puisque, création commune, aucun des membres du système ne devrait logiquement, ni prétendre le contrôler, ni récuser toute responsabilité dans sa genèse.

Aucun d’eux ne devrait usurper la place de ce tiers en prétendant parler en son nom. Il est important que le référent symbolique d’une relation puisse à certains moments être interrogé, réinterprété, mis à l’épreuve. Les membres du système se transforment et la relation doit s’adapter à leurs nouvelles demandes. Ainsi pour évoluer, le référent symbolique doit avoir la densité juste dans la conscience de chacun.

Si le référent symbolique du système devient trop dominant, il peut servir de substitut d’identité pour les participants. Ceux-ci perdent leur créativité et leur individualité lorsque ce récit auquel ils ont adhéré, au lieu d’accepter d’être interrogé et remis en cause, se transforme en un tyran ne supportant pas la contradiction. Les adeptes d’un tel récit deviennent des automates dépendants. C’est le drame des régimes totalitaires et de certaines familles.

Si au contraire le référent symbolique devient trop évanescent ou trop intellectualisé, les participants ont difficulté à trouver consistance dans le dialogue qu’ils entretiennent avec lui. Son existence est mise en doute ou son poids contesté. Il s’en faut alors peu avant que la relation évolue vers un rapport de marché, chacun ne pouvant plus la relation que sur les profits immédiats qu’il peut en retire et rien d’autre.

 POURQUOI EST-IL DIFFICILE DE PRESENTER UN PROBLEME RELATIONNEL ?

Nous choisirons l’exemple d’un problème de couple car la taille réduite du système, deux partenaires, rend la description plus aisée, mais nous pensons que les arguments que nous avançons restent justes pour toute catégorie de système humain.

Le problème réel d’un couple est selon nous toujours d’ordre symbolique. Le « symbolon » qui a créé le couple cesse d’être un interlocuteur fiable. On ne peut plus le manipuler, le tester, se reposer sur lui. Ou bien il est sacralisé et on ne peut plus y toucher. On poursuit des rites immuables qui perdent peu à peu tout sens. Ou bien il devient trouble, évanescent. On n’est plus sûr des fragments, ni de leurs provenances. Cependant, et c’est le point à retenir, l’énoncé du problème ne peut concerner les difficultés du référent symbolique car, nous l’avons vu, le véritable contenu symbolique échappe par définition au langage.

La présentation verbale du problème sera donc centrée sur l’aspect de marché de la relation et apparaîtra de ce fait toujours un peu étrange. Une transaction de marché se passe dans le présent et ne saurait prétendre à aucun avenir. Pourquoi alors rester dans une relation de marché qui serait inéquitable ?

Un autre aspect intéressant est le contenu paradoxal de ce problème qui l’apparente aux koans du bouddhisme Zen. Ces koans sont des propositions qui demandent une solution qui ne peut être déduite des données présentées. Le maître propose le koan à son élève pour tester sa flexibilité d’esprit et son aptitude à resoudre la difficulté rencontrée en modifiant son contexte. Ainsi pour nous, la résistance du problème de marché proposé à toutes les subtilités du raisonnement logique devra signifier que la difficulté doit être résolue ailleurs, c’est à dire au niveau du référent symbolique du couple.

Illustrons cette proposition par un cas concret de problème de couple

Le Koan de Cécile et Antoine

Une femme et un homme travaillant dans des professions du secteur scolaire sur la fin de leur trentaine. Ils forment un couple depuis 13 ans et ont 3 enfants : 10 ans, 4 ans et 3 ans.

Cécile est celle qui prend contact. Elle est profondément déprimée parce qu’Antoine entretient une relation avec une autre femme. Son médecin l’a mise de ce fait en congé de maladie.

Antoine affirme certes que sa relation avec l’autre femme est sans avenir. Il voudrait cependant vivre quelques mois hors du domicile familial. Son infidélité lui fait penser qu’il a besoin d’un temps de réflexion pour reconsidérer sa relation à Cécile.

Cécile se déprime. Elle ne se sent pas survivre à une attente dont elle ne comprend pas la nécessité. Si Antoine ne veut plus d’elle, qu’il le dise clairement.

Antoine se sent coupable. Il est responsable de l’état de Cécile. Puisqu’elle est malade par sa faute, il doit rester au domicile pour s’occuper d’elle.

Puisque Antoine est encore là parce qu’il se sent coupable, et non par choix, la tristesse de Cécile ne peut aller qu’en s’aggravant.

Donc, comme on pouvait s’y attendre, un problème de marché sans solution. Pourtant, à jugé des signaux non verbaux que perçoit le thérapeute, Cécile et Antoine semblent souffrir beaucoup et être dépendants l’un de l’autre, un peu comme deux enfants saisis par une tempête. Cependant sur le plan verbal, le motif de la consultation tourne autour d’une question de séparation.

 PASSAGE DE LA PRESENTATION VERBALE AU CONTENU DU REFERENT SYMBOLIQUE

Les prémisses de notre action seront les suivantes :

  • Le problème de marché qui nous est présenté représente le trouble ressenti par les conjoints confrontés au silence de l’absolu du couple, de son référent symbolique. Il contient une interrogation muette de leur part au thérapeute : pouvons nous encore faire confiance à ce couple ?
  • Le thérapeute ne peut avoir aucune opinion sur la question sans introduire en séance le dit couple, c’est-à-dire le symbole actuellement désenchanté de la relation, pour le soumettre au jugement des intéressés.
  • Les contenus symboliques débordant de tous côtés la parole et se révélant essentiellement dans l’expression analogique, toute intervention du thérapeute doit inclure une initiation au langage symbolique

Dans cette situation, le thérapeute est donc passeur de la berge des termes de marché à celle des contenus symboliques, de la berge des mots qui croient pouvoir anticiper l’avenir à celle de l’action qui le découvre, et les conjoints ses passagers parfois réticents.

Au cours de ce passage doit apparaître le référent symbolique qui authentifie et légitime ce couple de façon à ce que les conjoints puissent le revisiter, prendre leurs responsabilités dans sa genèse et décider de son sort. Ils peuvent le faire renaître comme un compagnon de voyage acceptable ou en faire le deuil quittant ainsi légitimement la relation.

Il est aussi important que le passeur assure le passage et rien d’autre. Continuer à accompagner les passagers sur l’autre rive ou tenter d’orienter leur itinéraire futur serait compromettre la créativité naturelle du couple.

Dans ce passage délicat où les écueils sont multiples, il est important que le passeur ait ses repères et les respecte.

Il lui faut :

  • séparer le domaine du passeur et celui des passagers par un « espace intermédiaire ». Le passage est le fruit d’un travail commun, mais les tâches sont différentes et non échangeables
  • séparer le domaine explicatif des mots du domaine descriptif de l’analogique.

Pour ce faire, le passeur doit sélectionner la meilleure barque pour ce couple parmi celles qu’il a à disposition, donc faire son choix parmi les méthodes d’entretiens systémiques privilégiant l’analogique auxquels nous avons donné le nom d’Objets Flottants (Caillé & Rey, 2004 b). Leur nombre va constamment en s’accroissant au fur et à mesure des apports que nous font les collègues qui s’intéressent comme nous à cette recherche (Ollié-Dressayre & Mérigot, 2001)

Pour ne citer que les Objets Flottants déjà publiés et utilisés fréquemment en clinique, les barques à disposition seront la technique de la chaise vide, l’exploration par les méthodes de sculpturation, le jeu de l’oie systémique, le blason, le conte systémique, le dialogue avec les masques, l’équipe réfléchissante, le génogramme imaginaire. Selon les cas, le passeur se contentera d’une seule barque ou il devra changer de barque en cours de trajet.

Le passage doit faire apparaître le référent symbolique du couple : ce qui le justifie encore en secret et peut éventuellement à nouveau, par une évolution à découvrir, lui donner une continuation. La découverte du référent symbolique du couple est pour le passeur une découverte, pour les passagers des retrouvailles avec un domaine difficilement cernable, mais pourtant de l’ordre de l’intime (Neuburger, 2000). Beaucoup de ressentis à ce sujet ne pourront et ne devront pas être partagés.

Le passage a aussi une fin. Le passeur et les passagers doivent se séparer et ces derniers prendre la responsabilité d’un destin encore incertain. Le passage les a muni d’un bagage utile, mais seul le trajet qu’ils vont faire seuls dira s’il leur est suffisant, d’où l’intérêt, pour eux comme pour le passeur, d’une rencontre après un intervalle de temps suffisant, en moyenne un an (Caillé, 1993, 2004 a).

 LE REFERENT SYMBOLIQUE PREND PLACE EN SEANCE

On pourrait comparer la relation humaine stable avec une religion en miniature, avec ses rites, ses croyances, son culte. Cela n’a rien d’étonnant car une église est un système humain. Elle dépend d’un référent symbolique. Seul diffère le nombre des croyants. Ce qui nous intéresse dans ce rapprochement est qu’il semble évident qu’au sein d’une église, les rites renvoient aux croyances et les croyances aux rites. Ils se justifient réciproquement en une boucle logique autoréférentielle. D’un côté, je communie parce que je crois à la Cène. De l’autre, croyant à la Cène, il me faut communier. Tout référent symbolique consiste ainsi d’une boucle logique close entre un niveau rituel et un niveau de croyance.

Dans le « religieux » laïque que constitue la relation humaine, nous appellerons les rites observés : niveau des comportements ou niveau phénoménologique, et les croyances partagées : niveau du sens ou le niveau mythique.

Le travail du passeur, à l’aide des objets flottants choisis par lui, permettra aux conjoints à faire apparaître en séance ces deux niveaux de leur référent symbolique. On pourra ensuite les aider par des tâches choisies en fonction de ce qui est apparu à travailler concrètement sur cette structure commune, le tiers du couple ou l’absolu qu’il représente, et le mettre à l’épreuve de leurs besoins actuels.

Chacun des partenaires va-t-il oser défier le référent symbolique en s’autorisant à apporter quelques légères modifications au rituel qui régit le couple ? En théorie, cela semble aisé, mais pourquoi est-ce si mystérieusement difficile ? Est-ce parce que ma représentation mythique de la relation ou celle de mon conjoint pourrait s’en trouver affectée ? Puis-je supporter un tel changement ou faut-il malgré tout mieux conserver à ce qui est connu ?

On voit que ce qui est proposé aux conjoints est ce qu’on appelle une « recherche-action ». L’issue souhaitée n’est pas définie d’avance et se concrétise peu à peu au fur et à mesure que la démarche progresse.

Le détail et la poursuite de cette démarche sort évidemment du propos de cet article centré sur le passage de l’entretien géré par la logique des signes linguistiques à celui guidé par les besoins de la logique symbolique. Le lecteur intéressé pourra trouver l’information désirée dans le livre que nous avons publié sur la thérapie de couple (Caillé, 2004 a).

Nous nous arrêterons ici à l’apparition en séance des deux niveaux du référent symbolique, séquence qui constitue la base fondamentale du processus thérapeutique selon ce modèle. Elle est une bonne garantie d’une évolution favorable si elle est bien faite, elle rend, nous semble-t-il, illusoire le résultat si elle ne l’est pas.

Au-delà des renseignements essentiels qu’elle apporte, son accomplissement inclut plusieurs autres éléments symboliques très importants. Ainsi, le fait que le référent symbolique de la relation soit dévoilé en séance rassure le thérapeute sur l’engagement réel des conjoints. Les conjoints sont dans le même temps rassurés sur leur capacité à apporter une contribution originale à leur thérapie. Enfin, la compétence qu’ils démontrent ainsi trace une frontière entre ce qui est de leur responsabilité et de celle du thérapeute. La communication analogique fait de surcroît démonstration de son efficacité et de sa spécificité. Cette étape d’une thérapie est donc essentielle et il est légitime de s’y attarder autant que nécessaire.

CECILE ET ANTOINE DECOUVRENT LEUR REFERENT SYMBOLIQUE AU NIVEAU PHENOMENOLOGIQUE


CONTRIBUTION DU THERAPEUTE

“ Nous allons aujourd’hui essayer de mieux comprendre votre rela¬tion, et plus particulièrement la façon dont vous vous traitez l’un l’autre, ce que vous faites l’un avec l’autre, en un mot essayer de saisir ce qui se passe concrètement dans votre relation.

“ C’est un thème que vous avez certainement souvent discuté entre vous, et peut-être aussi avec des parents, des amis. Dans ces discus¬sions, vous avez probablement fait l’expérience de répéter les mêmes mots, d’employer les mêmes expressions. Ces mots et ces expressions, vous l’avez sans doute remarqué, s’usent à la longue. Il semble que les paroles deviennent privées de sens. Elles sont, comme les pièces de monnaie passées de nombreuses années de main en main, si lisses qu’il est presque impossible de leur donner encore une valeur.

“ Pour cette raison, nous allons essayer de nous servir d’un mode d’expression nouveau, mode d’expression qui tente de se passer des mots. Vous allez pouvoir exprimer ce que vous pensez en utilisant votre corps. Cela peut paraître étrange, mais c’est en fait chose facile. Je vais d’ail¬leurs vous aider à y arriver.

“ La première chose à faire est de vous installer aussi confortable¬ment que possible sur votre siège (pause), bien vous détendre bien (pause). Vous pouvez fermer les yeux, vous pouvez aussi choisir de les garder ouverts (pause). Les deux façons de procéder sont également valables.

“ Vous allez maintenant vous imaginer que je ne parle pas votre langue et chacun de vous doit me faire entendre par une statue ce que vous faites l’un avec l’autre, la façon dont vous vous traitez l’un l’autre, le type de comportements que vous échangez. Une statue qui, placée dans un parc, ferait dire aux passants : “ Ha, voilà un couple où les partenaires se traitent de telle façon ”

“ Ainsi, Cécile, vous créez dans votre tête une statue avec deux person¬nages, Antoine et vous-même. Cette statue exprimera par l’attitude, la position de ces personnages, votre vision de ce que vous faites l’un avec l’autre.

“ Antoine, vous créez dans le même temps une statue avec deux personnages, Cécile et vous-même. Elle exprimera votre propre perception de la façon dont vous vous traitez l’un l’autre.

“ Les statues peuvent survenir très rapidement dans votre esprit. Elles y sont peut-être déjà. Elles peuvent aussi émerger plus lentement du brouillard. Quoiqu’il en soit, les deux modes d’apparition sont aussi bons l’un que l’autre. Prenez tout le temps qu’il vous faudra. Quand vous serez prêts, je vous aiderai à les faire apparaître en séance.

Longue pause jusqu’à ce que les partenaires aient, l’un après l’autre, donné un signal non verbal de se sentir prêt, généralement en ouvrant les yeux s’ils étaient fermés et en regarder intentionnellement le thérapeute. On commence alors habituellement par aider celui qui a mis le plus de temps à parvenir au but, et se sent donc plus incertain à réaliser sa statue en séance, à sculpter d’abord le partenaire, puis à se placer lui-même dans la position qu’il avait imaginée. Un mouvement, appelé “ souffle de vie ”, dans la statue est autorisé s’il semble utile à la réalité de la représentation (d’où l’appellation de “ statues vivantes » qu’on peut aussi donner aux structurations phénoménologiques)

Après chaque “ statue vivante ”, le thérapeute connote positivement le travail réalisé, puis fait refaire cette “ statue ” sans y participer et donc sous la seule responsabilité du “ sculpteur ” qui authentifie ainsi l’information donnée et se l’approprie.

CONTRIBUTION D’ANTOINE ET DE CECILE

Statue vivante d’Antoine

Cécile est placée par Antoine à genoux, le regardant, s’appuyant sur sa main gauche, lui tendant la droite. Antoine se place lui-même également à genoux, presque vis-à-vis de Cécile, mais le tronc fortement tourné sur le côté, de même que la tête et le regard, dans une attitude d’évitement total. Paradoxalement pourtant, ses mains sont tendues vers elle de façon aveugle, paumes ouvertes comme dans un appel (figure à gauche).

Statue vivante de Cécile

Cécile est debout assez tendue. Antoine est devant elle, complètement affalé contre elle, la tête sur l’épaule de Cécile, les bras pendants. Protectrice elle le soutient à grand-peine, le bras autour de ses épaules, tandis qu’elle regarde droit devant elle dans le vide (figure à droite).

A LA SEANCE SUIVANTE, CECILE ET ANTOINE DECOUVRENT LEUR REFERENT SYMBOLIQUE AU NIVEAU MYTHIQUE

CONTRIBUTION DU THERAPEUTE

“ Nous allons aujourd’hui tenter de poursuivre l’exploration de cette relation que vous avez, en partie malgré vous, inventée, cette relation qui petit à petit a pris forme entre vous. Nous allons cette fois aussi, et pour les raisons dont nous parlions la dernière fois, ten¬ter d’éviter les mots.

“ Ce sera d’ailleurs la seule ressemblance à trouver car ce qui nous occupe aujourd’hui est totalement différent de ce qui nous occupait la der¬nière fois. Nous ne pensons plus aux types de comportement que vous échangez. Nous voulons saisir en quoi votre relation est unique, singu¬lière, spéciale. En quoi elle se distingue de toutes les autres relations. Ce qui fait que vous la reconnaîtriez entre mille, alors que les compor¬tements que vous avez décrits la dernière fois existent certainement chez de nombreux couples

“ C’est une question difficile et, afin que vous puissiez y trouver une réponse, nous allons procéder de la façon suivante. Vous allez, comme la fois précédente, vous détendre le mieux possible sur votre siège, trouver une position confortable (pause). Vous pouvez fermer les yeux si cela vous aide à vous concentrer. Vous pouvez aussi les garder ouverts. Les deux façons de faire sont également valables (pause).

“ Vous allez maintenant avoir un rêve concernant la spécificité de votre relation (pause), ce qui la rend unique, différente de toutes les autres relations (pause). Un rêve éveillé bien sûr. Ce qui fait que c’est pourtant un rêve, c’est qu’on y reconnaît des personnes bien qu’elles apparaissent sous des apparences qu’elles n’ont pas habituellement ”

“ Dans ce rêve qui touche à ce qu’il y a d’unique dans votre relation, vous allez en effet donner à l’autre une forme que vous choisirez libre¬ment. Ce peut être une forme minérale, végétale, animale, n’importe quoi à l’exception d’un être humain. Vous allez de la même façon vous don¬ner à vous même une forme non humaine, légère ou lourde, morte ou vivante, que vous choisissez librement dans l’univers (pause).

“ Les formes peuvent surgir subitement dans votre pensée, elles peu¬vent se faire attendre quelques secondes ou minutes. Cela est sans impor¬tance (pause). Il peut aussi arriver que la forme que vous voudriez donner à votre conjoint soit difficile à utiliser car vous craignez qu’elle l’offense, l’irrite ou lui fasse de la peine. Dans ce cas, vous pouvez la remplacer avec la seconde forme qui vous viendra à l’esprit (pause).

“ Quand vous avez ces formes en tête, regardez-les, suivez-les des yeux, voyez comment elles se placent l’une par rapport à l’autre, si elles se déplacent (pause). Comment est le milieu ambiant ? Est-il possible de discerner la saison, l’heure ? Quelle est l’ambiance du rêve ? Sereine, calme, joyeuse, angoissée, tendue, lugubre (pause) ”

Quand vous serez prêts, je vous aiderai à faire apparaître ces formes en séance.

Longue pause jusqu’à ce que les partenaires aient, l’un après l’autre, donné un signal non verbal de se sentir prêts, généralement en ouvrant les yeux s’ils étaient fermés ou en regardant intentionnellement le thérapeute. On commence alors, comme précédemment, par aider celui qui a mis le plus de temps à parvenir au but ou, s’il y a peu de différence, on commence par celui qui commença le dernier la dernière fois. On l’aide à placer le partenaire dans la forme imaginée, puis à se placer lui-même dans la forme qu’il s’est donné. La sculpture réalisée, on interroge le “ sculpteur ” sur l’atmosphère ambiante, la saison, l’heure du “ rêve ” afin d’aider le partenaire et le thérapeute à se situer dans le rêve, puis on suit le mouvement existant entre les deux formes, s’il en existe un, jusqu’à répétition ou à ce qu’une des deux formes quitte le champ.

Après chaque tableau de rêve, le thérapeute connote positivement le travail réalisé, puis fait refaire le tableau de rêve sans y participer et donc sous la seule responsabilité du “ sculpteur ” qui authentifie ainsi l’information donnée et se l’approprie.

CONTRIBUTIONS DE CECILE ET D’ANTOINE

Tableau de rêve de Cécile

Cécile est un grand arbre aux feuilles vertes. C’est l’été. Il fait chaud. Il n’y a pas d’autres arbres dans les environs. Antoine est une grosse hirondelle, insouciante et gaie, qui a son nid dans l’arbre. Il passe autant de temps à voler autour de l’arbre qu’à se reposer dans son nid. Il semble heureux et insouciant, casse souvent quelques branches quand il regagne son nid ; l’arbre aussi est heureux et s’agite doucement dans le vent (figure 3).


Figure 3

Tableau de rêve d’Antoine

Cécile est aussi ici un arbre, un arbre de taille moyenne, mais très solide, aux racines épaisses. Ces racines plongent dans une mare et, dans cette mare, il y a un poisson qui est Antoine.

C’est un poisson exotique dont les couleurs vives détonent avec le milieu. Il nage entre les racines. Il peut aussi s’y tenir tranquille. Il se nourrit de ces racines ce qui représente un danger pour l’arbre (figure 4).

La taille de la mare varie avec les saisons. Le printemps, à la crue, les eaux sont troubles et le poisson ne peut rien voir bien que dehors tout soit clair et limpide.

Il ne se passe rien de plus.

Figure 4

TRAVAIL DANS LE DOMAINE SYMBOLIQUE

Nous quittons ici Cécile et Antoine, mais le travail avec leur couple devra naturellement se poursuivre. Si l’on choisit le schéma du Protocole Invariable qui, outre ses mérites en clinique, nous a beaucoup servi dans la recherche et la formation au cours des 25 dernières années, il leur restera, après ces deux séances communes consacrées aux sculpturations, 6 séances individuelles chacun ainsi que 2 séances communes, puis un an après une séance de contrôle.

L’important est naturellement de rester dans le domaine de l’exploration analogique du symbolique et ne pas retourner dans le registre verbal de l’interprétation, ce qu’on est souvent par habitude tenté de faire. Il faut donc s’imposer une discipline. Le passeur doit rester passeur, les passagers doivent rester passagers et l’espace intermédiaire doit persister. Cela ne veut naturellement pas dire qu’on ne puisse parler, mais la parole elle-même doit continuellement se justifier par l’apport symbolique qu’elle va susciter en séance.

L’exploration analogique du référent symbolique sera ainsi négociée sous forme de tâches proposées séparément aux conjoints. On leur suggérera d’infléchir leurs rituels pour tester la rigidité des mythes opérants dans la relation ou au contraire paradoxalement d’en renforcer l’emprise pour ne pas risquer l’écroulement de croyances déjà en voie d’extinction.

Il est heureux de constater que la perte du symbolique dont on accuse nos contemporains ne se vérifie pas dans ce travail. Ce parcours a été proposé à de très nombreux couples par des thérapeutes différents. Les couples qui ont au départ honnêtement accepté de revisiter leur couple avant de décider de son sort, condition clarifiée aux cours d’entretiens préliminaires, n’ont jamais rencontré de difficultés majeures dans ce travail quelque soit la nationalité, l’âge ou le statut social.

Nombreux sont ceux parmi nous qui n’adhérent plus ou guère aujourd’hui aux grands mythes d’antan. L’identité individuelle prend plus rarement ses racines dans une adhésion forte à un référent symbolique collectif, religieux ou politique. Elle prend plus, semble-t-il, sa source dans les « religions intimes » du couple, de la famille et d’autres groupes de proches. Leurs référents symboliques sont originaux et exclusifs. C’est à la fois leur force et leur vulnérabilité.

 CONCLUSION

Nous ne pouvons avec nos mots parler, et encore assez maladroitement, que des symboles qui ont guidé la vie d’autres humains ou de ceux, aujourd’hui désenchantés, que nous avons abandonnés. Nous ne pouvons pas parler de ceux qui guident au quotidien nos jugements et nos comportements.

Pourtant perdre le contact avec la réalité symbolique de son couple, de sa famille, ou de tout système proche est pour l’individu un drame qui menace sa propre existence. Un ou plusieurs individus souffrent, mais ne peuvent dire de quoi ils souffrent. La souffrance s’expliquera donc par un manque d’équité dans la relation et, dans une relation basée sur la durée, la balance peut difficilement à chaque moment se trouver en équilibre comme dans une relation commerciale. Quand le lien symbolique est désenchanté, tous les membres du système vont souffrir bien que, cela va de soi, de façon différente et plus ou moins évidente.

Pour aider nos patients, il nous faut donc souvent accomplir ce travail de passeur entre la logique de marché dont ils parlent et celle du lien symbolique qui les créent en tant que système. Il nous faut remettre ceux qui nous ont fait confiance en contact avec ce dont dépend leur identité et qu’eux seul ont pouvoir de transformer, et légitimité à le faire.

Il nous est arrivé souvent pour clore un rapport avec un couple lors du contrôle, un an après la fin du protocole invariable, de leur demander de nous restituer l’ensemble du parcours sous forme d’un conte écrit en commun (Caillé & Rey, 1996). Ces contes sont souvent admirables par la finesse de l’analyse qui émerge dans les images dont se sert le conte.

Il faut cependant savoir que le conte ne fait que fixer, un court moment, les symboles en un repère utile pour savoir ce qui en est du chemin parcouru et réfléchir sur le trajet qui nous attend. Le conte n’est jamais une vérité figée. Nous savons que le référent symbolique de nos vies l’amènera à évoluer et se réécrire. Le conte reste un témoin émouvant de ce que nous sommes vivants et que des choix sont toujours à faire.

 Pour citer cet article

Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux 2005/1 (no 34)

Bibliographie

Bateson G. : Mind and Nature, A Necessary Unity, Dutton, New York, 1979 (trad.fr. : La nature et la pensée. Seuil, Paris, 1984)

Caillé P. & Soerensen, T. : Recherche sur la thérapie de couple constructiviste : une étude prospective, méthode et résultats d’ensemble. Thérapie Familiale. Nr1 : 31-51, 1993

Caillé P., Rey Y. : Il était une fois ...La méthode narrative en systémique. ESF éditeur, Paris 1996

Caillé P. : De l’intérêt de pouvoir bien se raconter : l’histoire et le récit de l’histoire dans la relation thérapeutique. Générations, No 24, p.56-60, 2001

Caillé P. : Un et un font trois. Le couple d’aujourd’hui et sa thérapie. Editions Fabert. Paris. 2004 a

Caillé P. & Rey Y. : Les objets flottants - Méthodes d’entretiens systémiques. Editions Fabert. Paris. 2004 b

Carse J.P. : Finite and Infinite Games - A Vision of Life as Play and Possibility. McMillan Inc., New York, 1986 (trad.fr. ; Jeux finis, jeux infinis, - le pari métaphysique du joueur. Le Seuil. Paris. 1988)

Damasio A.R. : Descartes’ Error, Emotion, Reason and the Human Brain. Putnam Books, New York, 1994 (trad.fr. : L’erreur de Descartes - La raison des emotions. Odile Jacob. Paris. 1999).

Lassègue J. : Formes symboliques et émergence de valeurs. Revue d’Intelligence Artificielle. Vol. 19, Nr 1-2, p.45-55. 2005

Neuburger R. : Les territoires de l’intime. Odile Jacob, Paris, 2000

Ollié-Dressayre J., Mérigot D. : Le génogramme imaginaire - liens du sang, liens du cœur. ESF éditeur, Paris, 2001

Rey Y. : Penser l’émotion en thérapie systémique : du fracas de l’événement à l’émotion reconstruite. Thérapie Familiale. No 1, pp. 39-52, 2003


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