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L’interaction Triadique

par Mmes Frascarolo et Lob Rosine

mercredi 15 décembre 2021 par beaujean

JOURNEE - CONFERENCE – VENDREDI 21 NOVEMBRE 1997 (9 h - 16 h)

  L’INTERACTION TRIADIQUE ENTRE PERE-MERE-BEBE : MODELE THEORIQUE ET SUIVI CLINIQUE

AU COURS DE LA PREMIERE ANNEE (du projet à sa réalisation)

par Mme FRASCAROLO France (Psychologue) et Mme LOB Rosine (Psychologue)
du Centre d’Etude de la Famille – Prilly-Lausanne (Suisse)

  PRESENTATION DE LA JOURNEE

Nous étudions les interactions triadiques entre le père, la mère et leur bébé à l’aide du Jeu Triadique de Lausanne. Dans cette situation semi-structurée, enregistrée sur vidéo, les partenaires sont invités à jouer en famille selon un scénario en quatre parties. Ce scénario permet d’explorer les quatre différentes configurations triadiques, soit trois configurations « 2 + 1 » (deux partenaires actifs en dyade et un partenaire en position de tiers participant) et une configuration « 3 ensemble ». Le but du Jeu Triadique étant de partager ludiquement des affects positifs, les partenaires doivent se coordonner, au niveau des messages non-verbaux qu’ils s’adressent, pour parvenir à garder un fil rouge tout en changeant de rôle selon les différentes parties du scénario. Par analogie au concept d’alliance thérapeutique, nous utilisons le terme d’alliance triadique pour qualifier le degré de coordination auquel parviennent les familles. Quatre principaux types d’alliance sont considérés, de la plus fonctionnelle à la plus dysfonctionnelle : l’alliance coopérative où la coordination entre les partenaires est optimum, l’alliance modérée où quelques difficultés de coordination liées au stress apparaissent, l’alliance collusive qui généralement révèle un conflit non négociable entre les parents et enfin l’alliance désordonnée où aucune réelle coordination n’est observée.

Nous distinguons quatre fonctions que les partenaires doivent remplir pour pouvoir atteindre pleinement le but du Jeu Triadique : la participation, l’organisation, l’attention focale et le contact affectif. La participation concerne l’inclusion ou non de tous les membres de la triade. L’organisation relève de la tenue par chacun de son rôle (actif ou tiers observateur), selon le scénario. L’attention, focale renvoie à la question « est-ce que tous les partenaires suivent le jeu en cours ? ». Enfin, le contact affectif concerne le partage, la communion entre les partenaires au niveau des affects. Ces fonctions constituent un système hiérarchique emboîté.

Quatre niveaux de communication sont pris en compte : les bassins, les torses, les regards (avec les têtes) et le niveau expressif qui inclut les expressions faciales, les gestes, les intonations de voix, etc. Ces niveaux de communication sont eux aussi imbriqués dans un système hiérarchique, basé sur des constantes temporelles. En effet, les configurations au niveau des bassins sont plus stables qu’au niveau des torses. De même, les configurations au niveau des torses sont plus stables que celles des regards. Enfin, les expressions affectives sont les plus fugaces. On peut parler de hiérarchie d’emboîtement dans la mesure où les niveaux les plus stables constitueraient une condition nécessaire mais pas suffisante pour les niveaux moins stables.
Nous nous attacherons à mettre en évidence le lien entre la manière dont les fonctions sont remplies ou non par les partenaires et le type d’alliance des familles.
Enfin, nous soulignerons l’utilisation de ce modèle pour l’évaluation des interactions familiales, en suivant une famille de la grossesse à la fin de la première année. La famille que nous allons présenter participe à une recherche longitudinale sondant le lien entre autre, d’une part, les représentations durant la grossesse de l’enfant à venir et de la vie à trois et, d’autre part, l’évolution des interactions triadiques entre le père, la mère et leur bébé durant la première année de vie de ce dernier. Nous mettrons ainsi en lumière les caractéristiques familiales, observables ,dans les interactions et au niveau des représentations, qui se retrouvent tout au long du développement de l’enfant et qui ne restent pas sans l’influencer.

L’OBSERVATION DU « JEU TRIADE LAUSANNE » ET SON UTILISATION THERAPEUTIQUE
A. CORBOZ-WARNERY, E. FIVAZ-DEPEURSINGE – (Centre d’Etude de la Famille – Prilly-Lausanne)

Sachant que les interactions entre parents et bébé sont un lieu privilégié pour les interventions thérapeutiques dans la période post-natale (Lamour et Lebovici 1991), nous développons des outils d’évaluation des interactions précoces utiles pour le traitement de familles en difficultés après la naissance d’un bébé. Ces échanges ont l’avantage d’une part, d’être observables et analysables scientifiquement et d’autre part, de constituer « une porte d’entrée » vers les représentations conscientes et inconscientes des rôles parentaux (Stern, 1989). C’est ainsi que nous avons créé une situation de jeu père-mère-bébé le jeu triade Lausanne (Corboz-Warnery et al., 1989 ; Gertsch-Bettens et al., 1992). Nous y observons pendant la première année (de 8 semaines à 1 an) non seulement la mère et le père avec leur bébé, mais les trois ensemble, l’unité de base au cœur de laquelle se développe l’enfant. Nos observations prennent place dans une consultation thérapeutique où nous recevons des familles non-cliniques volontaires pour participer à la recherche et des familles cliniques dont le(s) thérapeute(s) désirent une évaluation du développement du bébé et une aide pour leur traitement. Dans cet article nous allons décrire cette consultation en suivant un exemple clinique et montrer les applications thérapeutiques des résultats de notre recherche.
Voyons d’abord la description du jeu à trois et notre analyse de cette situation.

  LE JEU TRIADE DE LAUSANNE

Le jeu à trois est une situation semi-standardisée qui réunit les deux parents et le bébé. Il débute quand les parents jugent le bébé prêt et disponible à l’interaction.

1. - La situation et l’équipement technique

Les chaises des parents et le baby-relax sont disposés en triangle équilatéral à une distance facilitant le dialogue. Les distances entre les chaises et le relax sont fixes (nous demandons aux parents de ne pas déplacer leur chaise), mais un dispositif permet aux parents de choisir l’orientation du bébé (en face de l’un ou de l’autre parent ou au milieu). Deux caméras, synchronisées par une horloge commune, filment l’une le bébé, l’autre les parents vus de face. Les parents reçoivent la consigne de structurer le jeu en trois phases : dans les deux premières phases, chacun à tour de rôle joue avec le bébé, l’autre étant « tout simplement présent » ; dans la troisième phase, ils jouent ensemble avec le bébé (1). Ce sont les parents qui décident de l’ordre du jeu (qui commence), la durée de chaque phase et l’orientation de la chaise du bébé (pour la consigne in extenso, voir Corboz et al., op. cit.).

2. - Analyse du jeu à trois

Tout d’abord, il ne faut pas sous-estimer dans notre évaluation, le conflit et le stress inhérents à cette situation. La situation du jeu à trois, place en effet les parents devant un dilemme ; ils s’engagent dans une interaction de nature relativement intime en présence d’observateurs et dans un cadre non familier. Par ailleurs ils doivent tenir compte de l’état de leur enfant, car il peut être ou ne pas être disposé à jouer. Enfin, un conflit entre les parents peut les empêcher de s’allier dans une tâche commune. Les familles qui viennent à notre consultation acceptent en général de jouer ce jeu. Ils vont recréer sous nos yeux leur alliance et leur style d’interaction à trois, dans les limites que nous leur imposons : un mélange subtil d’adaptation à un nouveau contexte et de création propre. Du côté des parents, leur capacité de créer un espace physique (et symbolique) présuppose une identité propre et une représentation de la triade acquise au cours de leur histoire : représentation non seulement individuelle de père et de mère mais aussi « co-représentation » du couple parental qui s’allie face à l’enfant.
Quant à l’enfant, dans l’espace organisé par les parents et avec leur aide, il peut commencer à agir dans la triade et acquérir progressivement une représentation de son influence, non seulement sur l’interaction avec sa mère ou son père, mais aussi sur l’interaction entre ses parents (Fivaz-Depursinge et al., 1994).

Pratiquement, le bébé ne peut pas comprendre la consigne verbale et doit compter sur la « traduction » de ses parents dans un langage non-verbal pour donner un sens à ce qui se passe et à ce qu’on attend de lui. Pour accomplir cette tâche les parents doivent donc indiquer corporellement quels sont leurs rôles respectifs vis-à-vis du bébé et coordonner étroitement leurs mouvements.
Les familles qui réussissent le jeu à trois, forment un ensemble coordonné qui tient compte des trois partenaires. Le bébé a le choix d’accepter ou de refuser l’offre parentale, deux expériences fondamentales pour son développement. En revanche, dans les familles qui ne réussissent pas, la difficulté à délimiter leur espace propre est liée à un conflit entre les parents ou à des difficultés à se différencier dans leurs rôles respectifs. Il en résulte une désorganisation du jeu où le bébé ne peut que se désengager (Corboz-Warnery, 1991). On peut alors s’interroger sur la place physique et symbolique que le bébé peut prendre dans un tel contexte et sur le vécu affectif intersubjectif si nécessaire à son développement (Stern, op. cit.).
C’est alors que l’utilisation clinique de l’observation peut prendre toute son importance. L’attachement mutuel entre parents et bébé, la motivation des parents à se sortir de la « crise » familiale provoquée par la naissance de l’enfant sont des ressources qui facilitent l’intervention thérapeutique (Lamour et Lebovici, op. cit.). C’est pourquoi, quand cela s’avère utile et possible, nous essayons d’intervenir auprès de ces familles pour les aider à organiser un jeu triadique.
Nous parlons alors d’intervention d’encadrement car elle consiste à mettre en place un cadre corporel approprié que nous savons être favorable à l’engagement triadique. Dès lors, nous comptons que les parents et le bébé pourront utiliser leurs propres ressources passées inaperçues auparavant. Le but est de leur permettre de vivre directement le changement, base d’une nouvelle expérience qu’ils pourront élaborer ultérieurement en thérapie. La présentation de l’exemple clinique va nous permettre de décrire plus en détail ces processus.

  EXEMPLE CLINIQUE

1 - Présentation de la famille

Le bébé de cette famille est âgé de 6 mois, une petite fille que nous appellerons Marie. Elle est en bonne santé physique. La grossesse et l’accouchement se sont passés sans particularité. A 4 mois, elle a été hospitalisée avec sa mère qui souffrait d’une décompensation psychotique du post-partum. Le père est très investi dans la situation. L’équipe demande une consultation à notre Centre peu avant la sortie de l’hôpital dans le but d’organiser au mieux la suite du traitement. Nous ne voulons pas être informés sur le statut psychiatrique de la mère et l’histoire de la famille, préférant garder notre esprit aussi libre que possible pour effectuer nos observations.

2 - Accueil

La consultante est assistée d’un superviseur (2) et de l’équipe de recherche chargée de la technique. Les thérapeutes accompagnent la famille et nous consultent en sa présence. Ils s’installent derrière un miroir sans tain d’où ils peuvent assister à l’ensemble de la situation. La consultante fait connaissance avec la famille pendant que les parents nourrissent le bébé. Nous avons alors l’occasion d’observer les premiers « patterns » interactifs. Dans ce cas, l’attachement entre parents et bébé apparaît évident avec cependant une prédilection entre père et bébé, la mère étant plutôt dans une position d’outsider. Quand les parents jugent leur bébé prêt et disponible, la consultante leur montre le dispositif qui permet d’orienter le siège du bébé et les quitte après leur avoir donné la consigne.

3 - Le jeu à trois

Les parents, laissés seuls, restent comme figés, chacun essayant de stimuler le bébé mais d’une façon désordonnée et peu structurée. La chaise-relax reste au milieu et comme observateurs nous avons beaucoup de peine à distinguer si les parents effectuent les différentes phases de jeu et à quel moment ils passent de l’une à l’autre. Nous avons l’impression qu’ils n’arrivent pas à prendre la décision de qui va commencer. L’atmosphère est extrêmement tendue. Marie « grogne », est de plus en plus agitée, avec des mouvements désordonnés des bras et des jambes. La plupart du temps, elle regarde ailleurs, ne lançant que quelques coups d’œil vers son père. Finalement elle se met à pleurer franchement et le père la prend dans ses bras en déclarant « elle ne veut pas jouer ». Il met ainsi fin au jeu qui n’a duré en tout qu’une minute vingt secondes.
En s’identifiant au bébé, on ne peut que se sentir confus et dans un état affectif négatif. Les « instructions » des parents sont variables et contradictoires. Leurs actions sont fragmentées et les parents interfèrent l’un avec l’autre. En revanche, pleurer apporte un soulagement immédiat. Quant aux parents, on peut supposer que leurs perceptions sont troublées par la situation de stress qu’ils sont en train de vivre et qu’ils sont pleins de ressentiment. Les pleurs du bébé peuvent être vécus comme une atteinte à leur sentiment de compétence mais aussi comme un soulagement face à leur difficulté d’effectuer une tâche ensemble.
Dans ces conditions, Marie se comporte de manière indifférenciée aussi bien sur le plan moteur (mouvements des membres désordonnés) qu’affectif (« grognements » qui se situent entre les pleurs et les vocalises » ; elle donne l’impression d’être beaucoup plus jeune que son âge.
A ce point, notre bilan est négatif : le système interactif est défavorable pour chacun des membres de cette famille ; en particulier pour le bébé qui ne peut pas développer sa propre autonomie. Par ailleurs, quel profit cette famille peut-elle tirer d’une telle expérience du jeu à trois dans notre consultation ? Enfin, nous ne connaissons pratiquement rien de leurs ressources, si ce n’est qu’ils savent sortir de la confusion (grâce aux pleurs du bébé et à la réaction immédiate du père). Ce faisant, ils ont pris position, en refusant de poursuivre le jeu – même si cette opposition est attribuée au bébé ‘« C’est elle qui ne veut pas jouer »).
Nous décidons alors que la consultante va essayer de les aider à organiser un jeu triadique par une intervention d’encadrement.

4 - Le jeu à trois sous encadrement

La consultante rejoint la famille ; elle va créer une enveloppe vocale en soutenant et encourageant les parents à s’engager avec leur bébé tout en se déplaçant dans l’espace, pour délimiter une frontière autour d’eux. Ce n’est pas une tâche facile à négocier. Elle va utiliser un mélange de fermeté et d’empathie. En bref, elle prend en charge l’organisation de l’interaction : c’est elle qui décide l’ordre des phases et qui effectue les tansitions.
Dans la première partie, elle commence par délimiter un espace pour la dyade en relation avec le tiers : elle oriente le siège de l’enfant en face de la mère, puis va vers le père, le contient en le tenant par les épaules pour l’empêcher d’interférer dans l’interaction mère-Marie. Le résultat est positif ; Marie focalise son attention sur sa mère et celle-ci s’engage dans une interaction avec elle ; le père se détend.
Dans la deuxième partie, la consultante adopte le même type d’action ; elle délimite un espace pour la dyade père-bébé, et soutient la mère pour l’empêcher de se retirer. Là aussi Marie s’engage dans une interaction avec son père. La mère suit attentivement les réactions de l’un et de l’autre.
La troisième phase où les parents doivent jouer ensemble est plus difficile. La consultante place le bébé au milieu et se tient debout entre les parents, une main sur chaque épaule. Mais les parents ne réussissent pas à tenir dans un jeu commun. Cependant, ils coopèrent d’une façon complémentaire, car le père permet à la mère de s’engager plus intensivement avec le bébé. La mère se met à chanter, initiant une petite danse en tenant les mains de Marie. Celle-ci sourit et participe activement à cette danse sous l’œil attendri du père. Cependant dès que la consultante se retire, l’interaction se désorganise, les parents interférant à nouveau l’un avec l’autre. Marie se remet à pleurer et la consultante intervient pour mettre fin au jeu.

5 - Commentaires

L’intervention de la consultante a consisté à agir physiquement pour aider les parents à mieux se définir. Comme on sait que le non-verbal est peu accessible à la conscience et en tout cas déniable verbalement (Stern, op. cit.), c’est par des moyens non-verbaux qu’elle leur a permis de modifier leur interaction. Elle a pris les décisions qu’ils n’arrivaient pas à prendre, les déchargeant en quelque sorte de cette négociation. Elle les a mis en situation d’expérimenter l’effet de la différenciation de leurs rôles en agissant d’une manière suffisamment intense et constante pour que le changement puisse se produire.
Le résultat est que les parents ont mis en place un cadre plus approprié au jeu triadique. En effet dans les deux premières phases, les configurations corporelles sont typiques des phases de jeu dyadique en présence d’un tiers que nous connaissons dans les familles non-cliniques. L’engagement visuel augmente parallèlement. Pour la troisième phase, les parents ont pu se coordonner à certains niveaux, mais divergent à d’autres sur un mode caractéristique des familles avec un conflit important entre les parents (Corboz-Warnery, op. cit.). Ils jouent de façon complémentaire mais échouent dans l’organisation d’un jeu commun. Sur le plan clinique, c’est une situation néanmoins plus favorable que le désordre initial, car le conflit devient plus apparent, donc plus accessible à la négociation.

6 - La discussion avec les thérapeutes

Les commentaires portent essentiellement sur l’attachement positif entre parents et bébé et sur les possibilités d’évolution de cette famille ; on note en particulier que Marie peut commencer à montrer ses capacités quand on s’occupe de ses parents. Par ailleurs l’intervention de la consultante a montré les possibilités d’entrer dans la famille au niveau des comportements non verbaux avant d’aborder le niveau des représentations. Cette consultation a servi de point de départ pour un changement. Il est apparu qu’effectivement ces deux parents avaient de gros problèmes d’identité. Leurs propres images de père et de mère ainsi que de couple parental étaient fortement perturbées et cela a nécessité un long travail thérapeutique. Marie, soulagée par le soutien offert à ses parents, a pu poursuivre son développement.

  CONCLUSION

Nous avons décrit dans cet article comment l’observation du « jeu triade Lausanne » peut être un outil clinique précieux qui nous renseigne sur les compétences des membres d’une famille à interagir entre eux et surtout sur leur capacité d’être à trois. L’engagement triadique nécessite en effet une coordination complexe qui n’est pas requise dans les interactions dyadiques. A notre avis, l’engagement non-verbal des partenaires montre la capacité des familles à établir ou non un cadre favorable à l’interaction à trois. Nous supposons que cette capacité a des conséquences sur le développement de l’enfant.
Nous avons montré comment il est possible d’intervenir pratiquement dans ce type de situation et comment une telle consultation peut être utilisée dans le cours d’une thérapie. L’observation du niveau comportemental devient ainsi crucial et peut servir de base pour atteindre les autres niveaux interpersonnels et intersubjectifs.
Nous terminerons en soulignant l’importance d’étudier la triade père-mère-bébé dans son aspect développemental. La triade existe dès la naissance, voire la conception, et constitue le « noyau » de l’évolution de la famille. A notre avis, c’est l’unité de base qui forme le contexte où les dyades peuvent se construire, la dyade parentale aussi bien que les dyades mère-bébé et père-bébé. L’enfant va progressivement acquérir de nouvelles capacités et passer du contexte triadique interactif aux relations à trois et aux représentations triangulaires. Ce processus de triadification (Fivaz-Depeursinge et al., op. cit.) est une notion encore peu explorée mais pourrait devenir un élément de rencontre pour les chercheurs et cliniciens qui s’occupent du développement du bébé.

(1) Actuellement le jeu comprend une quatrième phase où les parents se parlent et ignorent autant que possible le bébé.
(2) Dans ce cas, c’est le premier auteur qui est la consultante et le deuxième le superviseur. Cette dernière assiste à toute la consultation derrière la vitre et encadre la consultante dans ses interventions.


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