Real del Sarte : Perspectives piagétiennes sur l’attachement une ressource pour la thérapie systémique ?

PERSPECTIVES PIAGÉTIENNES SUR
L’ATTACHEMENT:une ressource pour la thérapie systémique ?
Thérapie familiale, Genève, 2008, Vol. 29, No 1, pp. 5-19

Olivier REAL DEL SARTE Psychothérapeute, FSP, Formateur au CERFASY (Neuchâtel), Chargé d’enseignement FPSE (Université
de Genève).

Une perspective piagétienne sur les attachements

Jean Piaget n’a pas développé une théorie de l’attachement au sens où J. Bowlby a su le faire. Au moment où Piaget écrit son ouvrage sur « Intelligence et Affectivité », c’est-à-dire son cours de 1954 à la Sorbonne, J. Bowlby n’avait pas encore publié son grand ouvrage sur l’attachement (1969).

Mais, à mon avis, on peut dire que les réflexions de Piaget sur l’équilibration des échanges qualitatifs, dont la forme achevée est l’échange coopératif, éclairent et différencient les thèses du théoricien de l’attachement dans une direction plus systémique et évolutive.

A la base, Piaget rejoint une perspective fondamentale de Bowlby en faisant de la psychologie un prolongement des processus d’adaptation ou, pour mieux dire encore, de réadaptation du vivant.

Cependant le fondement dont il part n’est pas l’éthologie, comme Bowlby, mais la biologie humaine et en particulier l’embryogenèse. « Le développement psychique est comparable à la croissance organique, comme cette dernière, il consiste essentiellement en une marche vers l’équilibre » nous dit Piaget dans ses Six études de psychologie (1964). Dans ses écrits ultérieurs, il appellera cette marche vers l’équilibre « l’équilibration majorante », montrant par là qu’il ne s’agit pas d’un phénomène statique.

C’est un processus d’échange dynamique concernant tant le domaine des rapports sujets/sujets que le domaine des rapports sujets/objets où chaque stade du développement vient s’inscrire dans le suivant, selon un processus comparable non seulement à la croissance organique, mais je dirai, en prolongeant Piaget, à l’évolution organique.

Ce que G. Cellérier résumait dans ses cours d’épistémologie génétique à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education de Genève (FAPSE) par cette formule synthétique : « On fait du nouveau avec du connu et renouvellement du connu par le nouveau… ». Dans l’univers piagétien, nous pourrions illustrer cela avec ses célèbres expériences autour de la conservation de…

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