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Les relations symétriques et complémentaires

jeudi 10 mai 2012 par Baguette Catherine , Seutin Celine , Kerstenne Fanny , Tiberghien Céline

“Définir la relation” est une opération mentale, le plus souvent totalement implicite et involontaire, qui consiste à situer l’autre vis-à-vis de soi et soi vis-à-vis de l’autre.

L’approche systémique utilise une conceptualisation simple qui porte non sur les individus, mais sur les relations qui existent entre eux. La différenciation et l’identité des individus, comme celle des groupes, s’appuient sur deux types de relation : les relations complémentaires et les relations symétriques.

Quelle que soit la définition donnée à une relation, ce n’est que la vision d’une situation éminemment plus complexe. Les relations ne « sont » pas complémentaires ou symétriques, mais seulement « vécues », « perçues », « décrites » comme complémentaires ou symétriques. Il n’y a pas plus de relation complémentaire que symétrique car il est toujours possible de décrire une relation en termes de complémentarité et de symétrie selon les éléments et les niveaux de cette relation que l’on met en avant.

Le terme de « double lien » reprend son sens puisque la relation est doublement liée : symétriquement et complémentairement, par le refus justement de la définir clairement.

• La relation symétrique

La relation symétrique se définit fondamentalement comme une relation d’égalité.

Les opinions, les idées, les caractères, les comportements peuvent être différents, mais chacun pense que les opinions, idées de l’autre méritent respect et attention. Elle est sous-tendue par le désir de comprendre le point de vue de l’autre, de l’intégrer comme un des éléments importants de la situation.

C’est l’état relationnel le plus adapté pour la discussion, la négociation, la créativité, la recherche de solutions équitables à des difficultés.

• La relation complémentaire

La relation complémentaire se définit par une répartition des places en fonction de rôles différenciés. L’un des partenaires occupe la position dite « Haute », (ou dominante, ou « up ») et l’autre la position « Basse » (dominé, « down »).

Cette répartition des rôles correspond aux rapports hiérarchiques.

• Une relation est-elle préférable à l’autre ?

La relation symétrique comporte, si elle est répétitive et sans nuances, de sérieux risques d’escalades et de conflit. C’est l’escalade symétrique où chacun cherche à transformer une relation égalitaire en relation complémentaire. Le problème, c’est que chacun souhaite y occuper la même place (soit la place haute, soit la place basse) et cherche donc à imposer ‘sa’ définition de la relation, ce qui entraîne une surenchère ne se terminant que par la victoire de l’un sur l’autre (avec tout ce que cela sous-entend de ressentiment et de désir de revanche) ou par l’éclatement de la relation et la séparation.

De son côté, une relation complémentaire fonctionnelle, c’est le type de relation qui convient bien à l’action efficace.

Toutefois, la relation complémentaire qui postule la position haute d’un des partenaires, l’autre en position basse de dépendance - indépendamment des compétences, des contextes et des circonstances-, peut aboutir, si elle est constante en une relation plus ou moins sadomasochiste où une victime obéit sans broncher aux ordres et désirs d’un tyran. La relation complémentaire devient alors dysfonctionnelle, la relation est totalement vidée de tout échange, pure forme de rôles complémentarisés qui garde paradoxalement chacun extrêmement dépendant de l’autre. D’ordinaire, la personne en position haute méconnaît cette dépendance, alors que la personne en position basse se croit trop « faible » pour pouvoir se passer de son tuteur/persécuteur.

De telles relations figées, pathologiques, s’observent dans de nombreuses familles rigides, où règles et statuts ont été fixés une fois pour toute sans qu’il ne soit jamais question de les modifier, quelle que soit l’évolution des situations et des personnes.

Cette relation dysfonctionnelle est à la fois extrêmement stable (la dépendance, le ressentiment et l’insatisfaction alimentant un lien émotionnellement fort) et très fragile puisque profondément insatisfaisante.

• Dans quel type de relation fonctionnent le mieux les familles ?

Les familles fonctionnelles sont les familles où l’on observe l’aptitude des divers partenaires à passer d’un mode à l’autre en fonction des circonstances, des personnes impliquées, des sujets abordés. Aucun de ces deux modes relationnels ne peut être considéré comme meilleur ou préférable à l’autre sous la réserve express qu’ils ne deviennent pas exclusifs.


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