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Relations d’objet

par Jean-Marie Magnette

mercredi 29 décembre 2010 par Magnette Jean-Marie

La relation d’objet.

Le concept de « relation d’objet » est certes freudien.

Mais s’il doit son extension aux post-freudiens (Balint,Bouvet, ...), il sera discuté par Lacan (Séminaire IV) qui, en renouvelant la notion d’objet, sa principale contribution à la psychanalyse (« Mon objet a »), mettait au rancart ce concept apparemment usé de relation d’objet.

L’objet n’est pas seulement ce qui vient en opposition à, en relation oppositive, en face-à-face avec un sujet, dans une dialectique imaginaire de séduction-rivalité.

Définir ainsi l’objet serait réducteur car rappelons qu’ il est avant tout un déterminant de la pulsion (quatre déterminants : objet, poussée, but, source).

Il est vrai cependant que Freud a pensé la relation à l’autre (le semblable, le prochain) en termes de relation d’objet. Freud ne la pensait pas autrement et il semble qu’il ne pouvait la concevoir autrement.

Mais, question : est-ce que la relation à l’autre peut être autre chose qu’une relation d’objet ?

Une réponse très psychanalytique serait : pour certains, elle est cela et n’est que cela. Soit. Que la relation à l’autre soit une relation d’objet, cela veut dire que, dans la relation interhumaine, l’autre vient à la place, est mis en position d’objet - de l’objet.

Cela veut dire que l’on fait de l’autre son objet ou, inversément, que l’on se propose à lui comme objet, et ce pour une satisfaction libidinale. Dans cette perspective – il s’agit bien de cela, d’imaginaire, de l’imaginaire -, l’autre est (un) objet d’investissement libidinal ; l’autre est considéré, regardé, comme un moyen d’obtenir une satisfaction ; l’autre est un moyen de tirer de la satisfaction, de satisfaire un désir, une pulsion (il faudrait bien sûr distinguer).

Que la relation à l’autre est une relation d’objet, cela veut dire aussi qu’il existe des « patterns » ou modes relationnels selon les différents stades du développement de la libido jadis distingués par Freud (au passage, on pourrait dire que la relation d’objet est elle-même un « pattern » de la relation à l’autre. Mais y en a-t-il d’autres ?).

Qu’il soit fait de l’autre un objet d’incorporation, de domination, de possession, de séduction, de consommation, que sais-je encore, ou qu’il s’agisse de se faire, de désirer être l’objet unique de l’autre, d’un autre (Autre) qui n’aurait pas d’autre désir ni d’autre jouisance que la santé et le bien-être du sujet, que d’en être ravi, qu’il s’agisse encore d’en être aimé préférentiellement, d’en être le plus aimé, les significations sont nombreuses et extensibles.

L’autre est toujours à la place d’un objet à capter, à captiver, à fasciner, à utiliser, à siphonner de ce qu’il recèle comme possibilités de jouissance, à détruire pour « voir » ce qui, pour le sujet, cause son désir (cas de l’obsessionnel, pour exemple). Tout ceci est dit à titre indicatif, impossible d’être exhaustif sur cet article.

La relation d’objet pour imprécise qu’elle soit n’est au fond pas tant démodée. Elle est même pertinente pour désigner le mode existentiel qui se qualifie aujourd’hui de consommatoire, obéissant à l’ordre moderne (postmoderne pour certains) du « toujours plus » : toujours plus d’excitation, toujours plus d’objet, toujours plus de « relation d’objet ».

JMM. Décembre 2010.


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