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Loyautés

mercredi 22 septembre 2010 par Remy Anne-Françoise , Dock Julie

Loyauté - règle de loyauté

En systémique, la loyauté se définit par rapport à un système relationnel liant un individu à un autre ou à un groupe. Elle n’est pas un principe normatif.

Ivan Boszormenyi-Nagy, dans sa thérapie contextuelle, est un des principaux théoriciens de la notion de loyauté. Pour lui, le concept de loyauté est un ensemble d’expectatives et d’injonctions familiales intériorisées. La loyauté est une force régulatrice des systèmes qui assure la continuité du groupe. L’enfant, ayant reçu la vie, éprouve un devoir éthique envers ses parents dont il veut s’acquitter. Dès la naissance, chaque bébé commence avec ses parents une relation fondée sur la parenté héréditaire, la jouissance commune de l’héritage des actifs et des passifs qui proviennent des générations antérieures et des héritages personnels, attentes et lois non écrites à l’intérieurs de la parenté. L’individu hérite de ce patrimoine des générations antérieures un peu comme d’un mandat et il peut créer quelque chose de mieux à partir du passé. Il y a réciprocité car la loyauté est incorporée par l’individu comme un devoir éthique. Chacun est toujours loyal envers ses origines que cela soit ouvertement ou de manière voilée, via la manifestation de symptômes (loyauté invisible).

La nature et la qualité des liens de loyauté entre parents et enfants au fil des générations tiennent à la confiance, aux mérites et à la justice accumulés au cours des âges. Le fait de posséder un héritage de loyauté commun entre les générations lie profondément les êtres entre eux et envers leurs origines. La loyauté est une force fondamentale dans le développement de la personne.

Par conséquence, ce lien : → résiste aux séparations physiques ;
→ détermine comme résultat des ressources de confiance originelle le degré de liberté des descendants à s’engager dans des nouvelles relations hors famille d’origine. Le lien primitif de loyauté influence par des forces invisibles (qui ne sont pas nécessairement conscientes) l’attitude de chaque personne envers le monde, même lorsque cette personne se trouve hors de sa famille d’origine.

Donc la loyauté est le contexte existentiel pour toute personne qui vient au monde. L’adulte ne devient autonome que s’il reconnait et intègre l’existence de ces liens dans sa vie. Un groupe crée un réseau de loyautés, qui est un ensemble d’attentes collectives structurées que chaque membre doit honorer. La loyauté de base est d’œuvrer pour la survie du groupe. Il faut, pour cela, incorporer les attentes.

Le contexte de la loyauté est relationnel éthique où :

◦ la confiance originaire
◦ la réciprocité du donner et du recevoir entre les parents et l’enfant
◦ les dettes et les obligations des uns vis-à-vis des autres
◦ la responsabilité personnelle

=> sont des acquis pour le développement de l’enfant.

Cependant, il est faux de croire que plus on est loyal à ses origines, plus on a de chance de mieux se développer : la loyauté, dans ses aspects positifs, est un des éléments qui permettent à l’individu de se construire. A contrario, la loyauté peut devenir une source de conflits ou de comportements destructifs pour l’individu et son entourage.

Négocier dans la loyauté

Parmi les loyautés, on retrouve les formes :

  • verticales au cours des générations, qui sont existentielles, asymétriques et irrésistibles (par exemple, entre les parents et les enfants) ;
  • horizontales, au fil de nouvelles relations qui s’établissent, qui sont égalitaires et choisies, avec des droits et obligations réciproques (par exemple entre amis, dans la fratrie).

Lorsque les deux types de loyauté sont confrontés, un choix est nécessaire, consciemment ou non.

Le mouvement de balance

La vie fait couramment se croiser loyautés verticales et horizontales et provoque des conflits, chacun tentant d’équilibrer anciens et nouveaux liens de loyauté en vue du gain de la liberté de s’engager dans de nouvelles relations, qui amènent de nouvelles attentes et obligations.

Certaines phases sont plus sensibles que d’autres à la recherche d’un nouvel équilibre (par exemple une naissance, un mariage, la perte des parents, …).

Les liens verticaux sont profondément enraciner et vouloir les éviter ou les couper risque d’empêcher la formation de nouvelles relations.
A. Van Heusden et E. Van Den Eerenbeent de citer la métaphore de l’échelle, où les montants (les loyautés verticales) sont nécessaires pour soutenir les barreaux (loyautés horizontales) et où les cassures proviennent à la jonction des deux structures.


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