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Qu’est ce que la pensée systémique ?

mardi 24 juin 2008 par Godard Séverine

Qu’est ce que la pensée systémique ?

Nous pouvons résumer en disant « penser globalement pour agir localement ». En effet, on isole plus uniquement le symptôme ou la personne porteuse du symptôme mais on essaye de voir sa place, sa fonction au sein du système familial ou autre. Cela peut paraître tellement évident mais il est beaucoup plus facile de remettre en question « l’individu malade » et « dire que c’est de sa faute » que d’interroger la famille et ses membres sur leur fonctionnement, sur leur relation avec les générations antérieures. Chaque famille évoque en nous des représentations que nous fantasmons afin de construire des hypothèses pouvant être vérifiées au fil de la thérapie. Et ce afin d’aider le noyau familial à trouver les voies de sorties de l’impasse et poser les pierres nécessaires à la construction de la nouvelle homéostasie. L’observateur fait donc partie intégrante du système, il y est intégré mais il doit conserver la juste distance, entre le trop peu et le trop d’investissement.

Chaque membre du système doit se mobiliser, utiliser ses ressources. Des résistances peuvent apparaître car de manière spontanée et naturelle il est beaucoup plus aisé de stigmatiser l’autre comme « responsable de, de pointer le vilain petit canard ». Il faut donc susciter un questionnement, sur les places et fonctions de chacun, entamer la construction du génogramme. Prendre le temps du dessin de son arbre de famille est souvent révélateur d’éléments dont la personne n’a pas toujours conscience, il s’agit parfois d’une amorce.

Le thérapeute utilise les sensations ressenties au contact de la famille et les appréhende au travers « de ce qu’il est ou de qui il est ». De ce fait, une bonne connaissance de soi même, de sa famille d’origine s’impose. Ainsi il est possible de travailler avec nos propres représentations, notre histoire comme ressource « au service » de nos patients. Soyons également attentif aux résonances que nous pouvons entendre, ressentir et employer dans la relation. Les résonances sont un support du processus thérapeutique, auquel peuvent venir se rajouter les phénomènes d’alliance et d’opposition avec les patients. La vigilance reste de mise afin de ne pas se faire submerger par des émotions susceptibles de fausser notre travail. Surtout de rendre floues les limites du cadre posé durant les consultation et avec un risque perte de repères.

Comme Bateson, l’a évoqué au travers de son ouvrage la communication et ses subtilités ont également leur importance. C’est vrai qu’il ne suffit pas que la personne nous dise « mon couple va mal » pour que nous entamions un suivi, il faut vérifier ce que recouvre cette phrase et complexifier le système. Qu’est ce que la personne met derrière ses paroles, quel est l’ensemble de référence dont elle dispose. C’est pour cela qu’une clarification du contexte, des rôles et des fonctions de chacun doit être réalisée. Le thérapeute s’imprègne également de l’environnement dans lequel l’individu s’est construit et a grandit. Même s’il n’existe pas de déterminisme familial, que tout un chacun à la possibilité de prendre une autre direction que celle de sa famille. Mais aussi de se distancier des fonctionnements ou dysfonctionnements pouvant apparaître comme pathologique. Notre attention doit se porter sur la dimension culturelle car d’une culture à l’autre les choses, les mots n’ont pas la même signification. En vue d’une bonne communication et compréhension, chacun devrait pouvoir clarifier ses attentes, le sens de ses paroles et les attitudes du non verbal. L’homme et la femme sont différents et ne perçoivent pas de la même manière. Ils n’ont pas toujours des perspectives identiques en ce qui concerne le couple. Des fois nous attendons trop de l’autre qu’il devine ce que nous espérons, qu’il devance nos désirs…Mais est ce bien réaliste ?
L’individu doit donc prendre conscience et connaissance des ressources qui lui sont propres et qui font sa richesse personnelle. Ainsi, il peut lui être possible de rompre avec des reproductions se répercutant de génération en génération.

En cas de difficultés, l’environnement amical, professionnel, sociétal peut servir aussi de tremplin à un nouveau départ ou orientation de vie. Le thérapeute doit aussi se donner les moyens de trouver une adaptation ou une version positive à des comportements pouvant plutôt apparaître comme négatifs. En réalité, comme le dit Guy AUSLOOS, ne réfléchissons plus en termes d’erreurs mais d’informations. Cette nuance allège le processus et le rend plus digeste. L’erreur, l’échec sont lourds, essayons d’en extraire du positif « en terme de leçon de la vie peut être nous permettant de grandir et d’aller de l’avant ». Tout changement même s’il peut être difficile à dépasser est souvent bénéfique et donne un nouveau souffle, une nouvelle bouffée d’air…

Parfois, il n’est pas évident de lâcher la plume mais lorsqu’elle a trouvé son fil conducteur, rassemblée ses idées, elle s’emballe et à du mal à mettre fin au flot de pensée dont elle est submergée. Même si la pensée et la réflexion font partie intégrante de la formation mais aussi de notre vie.


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