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Les machines à sous lui gobent 40000$

Par Lise Tremblay

samedi 2 décembre 2006

Les machines à sous lui gobent 40 000 $

Article mis en ligne le 30 novembre 2006 par Lise tremblay

Lise était complètement hypnotisée par les machines à sous. Elle pouvait jouer jusqu’à 16 heures par jour, et ce, sans manger.
Les machines à sous lui gobent 40 000 $

Au pire de sa dépendance, Lise fixait sa machine à sous de 11 h à 3 h du matin. Elle ne s’arrêtait que pour prendre une gorgée de café, s’allumer une cigarette et commander un “Coke”... lorsqu’elle se souvenait de son diabète. Des mois plus tard, le constat est foudroyant. Elle avait épuisé un placement de 40 000 $, une somme qu’elle avait pourtant économisée sou par sou.

La femme de 56 ans, qui préfère taire son nom de famille, n’est pas seule à insérer des vingt-cinq sous dans des appareils de loterie vidéo.

« Si vous saviez... le jeu touche énormément de monde et même des jeunes âgés pas plus de 20 ans. C’est rendu qu’il y a des appareils de loterie vidéo partout : dans les petits restos, les salles de quilles, les bars et les cafés. En plus, ces endroits sont toujours pleins », a mis en contexte Lise, qui vient de compléter une thérapie au Centre de réadaptation Domrémy Mauricie/Centre-du-Québec.

Dans son cas, la thérapie a été essentielle, car son dernier six mois de jeu a été particulièrement intense.

« C’était rendu que je me foutais si je perdais ou gagnais. Je ne me sentais pas comprise et je me sentais écrasée. Mon conjoint avait honte de moi et mes enfants aussi, je crois. J’avais des pensées suicidaires. Si on ne m’avait pas aidé, je suis sûre que je serais morte au moment où on se parle... », a-t-elle confié, les yeux embués.
Divorce et maladie
Jusqu’à ce qu’elle « courtise » les machines à sous, Lise roulait sa bosse comme tout le monde. Elle travaillait plus de 40 heures par semaine et s’occupait du mieux qu’elle pouvait de sa famille.
« Tout a déboulé à un moment donné, dévoile-t-elle. J’ai divorcé après 22 ans de mariage, après avoir appris que mon mari entretenait une relation avec une autre femme, et, en plus, je suis tombée malade. J’ai dû être opérée au dos et il a fallu que j’arrête de travailler alors que j’adorais cela ».

Elle aimait tellement travailler qu’elle a découvert, durant sa thérapie, qu’elle en était dépendante.

« J’aimais être entourée de monde. Je me sentais plus appréciée par les étrangers. Le travail était vital pour moi », confirme-t-elle.

Même si elle a rencontré un homme quatre ans après ces épreuves, cela ne l’a pas empêché de chercher des moyens pour meubler son ennui, sa solitude.

« Quand j’ai commencé à avoir moins mal au dos, j’ai décidé de sortir. J’avais besoin de voir du monde et c’est là que j’ai commencé à mettre de l’argent dans les machines à sous. Au début, ça allait bien. J’y allais à peu près deux fois par mois. Je me souviens d’avoir fait 500 $ avec un 20 $ et d’avoir trouvé cela très agréable », dit-elle.

De fil en aiguille, Lise a commencé à jouer plus souvent... et à collectionner les querelles avec son conjoint.

« Il ne parlait pas sauf lorsqu’il prenait une couple de bières. Je lui disais que j’avais besoin d’aide, mais il ne comprenait pas que j’étais complètement accro. Je rêvais même des machines à sous la nuit... Je n’étais vraiment pas bien. La seule place où je me sentais bien, c’était là-bas, entourée de monde qui jouait. J’entretenais des émotions destructrices et j’oubliais tout, même de manger », a raconté l’ex-joueuse.

Ayant complètement dérapé, Lise a finalement décidé de se prendre en main, espérant ainsi recoller les morceaux brisés.

« La thérapie a été difficile, car il a fallu déterrer plusieurs choses, a-t-elle dévoilé. Aujourd’hui, ça fait à peu près six mois que je n’ai pas joué et je me sens mieux. J’essaie par contre de ne pas fréquenter les lieux où il y a des machines à sous, mais ce n’est pas toujours facile, car il y en a beaucoup ».


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